L'essentiel

  • 50 % ou 100 % : sursalaire minimal du travail au-delà de 9 heures par jour ou 40 heures par semaine ; 100 % le dimanche et les jours fériés.
  • 240 heures volontaires sur 360 par an se paient sans sursalaire depuis le 1er avril 2026, sans cotisations sociales et, si elles ne sont pas payées plus que des heures normales, sans impôt.
  • Compte individuel : jours prestés, absences avec leur motif, heures normales et heures majorées par taux, pour chaque période de paie, conservé 5 ans.
  • Dimona (déclaration immédiate d'emploi) au plus tard au début du travail ; DmfA (déclaration trimestrielle) et cotisations au plus tard le dernier jour du mois qui suit le trimestre.
  • 180 heures supplémentaires classiques par an ouvrent l'avantage fiscal pour les heures prestées depuis le 1er janvier 2026 (130 auparavant).
  • 1er janvier 2028 : déclaration mensuelle des salaires et prestations à l'Office national de sécurité sociale (ONSS), au plus tard le 14 du mois suivant ; facultative dès 2027.

Quel sursalaire pour les heures supplémentaires en Belgique ?

Tout travail effectué au-delà de 9 heures par jour ou de 40 heures par semaine (ou d'une limite plus basse fixée par convention collective de travail, ou CCT) est du travail supplémentaire, payé avec un sursalaire d'au moins 50 % de la rémunération ordinaire, et de 100 % un dimanche ou un jour férié. Les régimes autorisés, comme les horaires flottants ou la petite flexibilité, ne sont pas visés.

Exemple pour un salaire horaire ordinaire de 20 €
Heures prestéesTauxMontant brut
3 heures supplémentaires un mardi150 %3 × 20 € × 1,5 = 90 €
2 heures supplémentaires un dimanche200 %2 × 20 € × 2 = 80 €
2 heures supplémentaires volontaires sans sursalaire100 %2 × 20 € = 40 €, sans cotisations ni impôt dans la limite de 240 heures par an

Une CCT peut remplacer le sursalaire par un repos compensatoire complémentaire : une demi-heure par heure à 50 %, une heure par heure à 100 %. Quand l'heure supplémentaire donne lieu à un repos compensatoire, le salaire normal des heures au-delà de 40 heures est payé avec la paie de la période où le repos est pris, et le sursalaire avec la paie normale ; si le repos ne peut pas être pris (fin de contrat, délai de 6 mois dépassé), le solde est payé.

Nuit et dimanche

La loi ne prévoit pas de prime de nuit générale : elle vient de votre CCT sectorielle, d'une CCT d'entreprise ou du contrat. Au 1er juillet 2026, l'indemnité de nuit minimale de la CCT n° 49 est de 1,54 € par heure (1,85 € dès 50 ans). Dans la distribution et l'e-commerce, les travailleurs entrés en service depuis le 1er juin 2026 n'ont droit aux primes de nuit que de 23 h à 6 h, avec au moins ce montant. Le travail du dimanche donne droit à un repos compensatoire dans les 6 jours suivants (une journée entière au-delà de 4 heures) ; le sursalaire de 100 % n'est dû que pour du travail supplémentaire.

Heures supplémentaires volontaires en 2026 : comment les payer ?

Depuis le 1er avril 2026, chaque travailleur peut prester jusqu'à 360 heures supplémentaires volontaires par année civile (450 dans l'horeca avec caisse enregistreuse). Sur ce total, 240 heures (360 dans l'horeca) se paient sans sursalaire : leur rémunération échappe aux cotisations ONSS et, si elle ne dépasse pas celle d'heures normales, à l'impôt.

  • Volet ONSS : la rémunération nette de ces 240 heures n'est pas de la rémunération au sens de la sécurité sociale (arrêté royal du 9 juillet 2026, publié le 17 juillet 2026, avec effet au 1er avril 2026).
  • Volet fiscal : elle est exonérée d'impôt des personnes physiques si elle ne dépasse pas la rémunération due pour ces heures en temps normal (loi du 15 juillet 2026, publiée le 29 juillet 2026 et applicable aux heures prestées depuis le 1er avril 2026) ; au-delà du contingent, l'exonération est imputée proportionnellement.
  • Heures de relance : celles prestées du 1er janvier au 31 mars 2026 se déduisent du contingent exonéré de 2026 ; heures de relance et heures volontaires nettes sont plafonnées ensemble à 240 heures.
  • Ordre d'imputation : la loi ne fixe aucune priorité entre heures nettes et heures avec sursalaire ; l'accord écrit avec le travailleur peut la préciser.

Exemple : un travailleur a presté 60 heures de relance entre janvier et mars 2026. Pour le reste de l'année, il peut encore prester 300 heures volontaires, dont 180 au plus sans sursalaire et exonérées.

Les 120 autres heures volontaires (90 dans l'horeca) se paient avec sursalaire. Faites valider leur traitement social et fiscal par votre secrétariat social avant paramétrage, ainsi que les éventuelles régularisations des paies d'avril à juillet 2026, les textes ayant été publiés avec effet rétroactif.

Heures supplémentaires classiques : avantage fiscal porté à 180 heures

Pour les heures prestées depuis le 1er janvier 2026, la réduction d'impôt du travailleur et la dispense partielle de versement du précompte professionnel pour l'employeur portent sur les 180 premières heures avec sursalaire par an (au lieu de 130), et sur 280 heures pour les travaux routiers ou ferroviaires imposés le week-end, les jours fériés ou la nuit avec enregistrement électronique des présences. À partir du 1er janvier 2027, un facteur de correction réduit toutes les dispenses de versement du précompte : 97 % en 2027, 93,35 % en 2028 et 95,9 % dès 2029, taux que le Roi peut encore adapter.

Quelles données du pointage reporter dans le compte individuel ?

Le compte individuel, tenu pour chaque travailleur et chaque année, reprend par période de paie ce que le pointage a mesuré : c'est le lien légal entre la pointeuse et la paie. Il indique :

  • le nombre de jours de travail effectif ;
  • les jours d'inactivité, assimilés ou non, avec leur motif ;
  • les heures normales et les heures majorées, réparties par taux de sursalaire ;
  • les heures dont le salaire normal est différé parce qu'elles seront récupérées ;
  • les autres éléments, comme les petits chômages, les jours fériés ou le salaire garanti.

Remettez une copie au travailleur dans les 2 mois de son entrée, puis la copie de l'année écoulée avant le 1er mars, et conservez les comptes individuels 5 ans.

Fiche de paie papier ou électronique

La fiche de paie (le « décompte ») est remise à chaque règlement définitif ; son contenu est fixé par la commission paritaire ou, à défaut, par arrêté royal. Elle ne peut être électronique, comme le compte individuel, que par accord mutuel (qui peut lui-même être électronique), valable au moins pour l'année civile en cours ; chaque partie peut ensuite revenir au papier. Les documents électroniques sont archivés chez un prestataire d'archivage électronique qualifié, gratuitement pour le travailleur et pendant 5 ans après la fin du contrat, et le règlement de travail mentionne ce prestataire.

Paiement et titres-repas

Sauf dérogation décidée par la commission paritaire, les ouvriers sont payés au moins deux fois par mois (16 jours d'intervalle au plus), les employés au moins une fois par mois. À défaut de CCT ou de règlement de travail, le paiement intervient au plus tard le 4e jour ouvrable après la période, le règlement ne pouvant pas aller au-delà du 7e. Les titres-repas découlent aussi du pointage : un par jour de travail effectif (pas pour les jours fériés, de vacances, de maladie ou de repos compensatoire), sauf méthode de comptage alternative, avec une part patronale de 8,91 € au plus depuis le 1er janvier 2026 et une part du travailleur d'au moins 1,09 € (voir notre page Notes de frais en Belgique).

Secrétariat social, Dimona, DmfA : quelles échéances respecter ?

Le secrétariat social agréé, une association sans but lucratif (ASBL) agréée par le ministre des Affaires sociales, est seul habilité à percevoir les cotisations de ses affiliés, ce qu'un prestataire non agréé ne peut pas faire. Vous lui transmettez les variables de chaque période avant sa date de clôture, et vous ne pouvez changer de mandataire qu'au changement de trimestre.

Échéances de déclaration et de paiement
ObligationÉchéance
Déclaration immédiate d'emploi (Dimona) d'entréeAu plus tard au moment où le travailleur commence effectivement à travailler
Dimona de sortieAu plus tard le premier jour ouvrable qui suit la fin du contrat
Provisions ONSS, si les cotisations du trimestre t-2 dépassaient 4 000 €Au plus tard le 5 de chaque mois
Précompte professionnel, régime mensuelSelon le calendrier du Service public fédéral (SPF) Finances, par exemple au plus tard le 15 octobre 2026 pour septembre 2026 ; affiliés d'un secrétariat social agréé : avant-dernier jour ouvrable du mois suivant
Déclaration trimestrielle multifonctionnelle (DmfA) et solde des cotisations30 avril, 31 juillet, 31 octobre et 31 janvier
Copie annuelle du compte individuelAvant le 1er mars
Fiches fiscales 281.10 (Belcotax-on-web)Au plus tard le 28 février de l'année suivante
Déclaration mensuelle des salaires et prestations à l'ONSSAu plus tard le 14e jour civil du mois suivant : facultative dès le 1er janvier 2027, obligatoire dès le 1er janvier 2028

Les cotisations personnelles du travailleur (13,07 %) sont retenues à chaque paie : si elles ne l'ont pas été à temps, l'employeur ne peut plus les lui réclamer.

Ce que coûte un retard

  • Dimona absente ou tardive : sanction de niveau 4 par travailleur (pour les faits depuis le 1er septembre 2026, amende pénale de 6 000 à 70 000 € ou administrative de 3 000 à 35 000 €, ou emprisonnement de 6 mois à 3 ans), plus une cotisation de solidarité d'au moins 3 674,09 € en 2026.
  • Cotisations payées en retard : majoration de 10 % et intérêt de retard de 7 % l'an.
  • DmfA tardive : indemnité forfaitaire d'au moins 495,79 €.
  • Rémunération impayée ou payée en retard : sanction de niveau 3 par travailleur (2 000 à 20 000 € d'amende pénale ou 1 000 à 10 000 € d'amende administrative).

Ce qui change dans la paie belge de 2026 à 2028

Plusieurs réformes votées en 2026 modifient le paramétrage de la paie, certaines avec effet rétroactif : vérifiez-les avec votre secrétariat social.

Calendrier des changements
Date d'effetChangementStatut
1er janvier 2026Avantage fiscal des heures supplémentaires classiques porté de 130 à 180 heures ; part patronale du titre-repas portée à 8,91 € au plusEn vigueur
1er avril 2026Heures supplémentaires volontaires : 360 heures, dont 240 sans sursalaire ni cotisations, et sans impôt sous conditionEn vigueur (textes publiés les 1er juin, 17 juillet et 29 juillet 2026)
1er juin 2026Indexation limitée à 2 % de 4 000 € pour les salaires de référence (salaire mensuel de base à temps plein) supérieurs à 4 000 €, jusqu'à ce que l'index cumulé atteigne 2 %, et cotisation spéciale à l'ONSS égale à la moitié de l'économie ; pour les rémunérations payées depuis cette date, prime de nuit d'au moins 12 % (prime d'équipe d'au moins 2 %) pour ouvrir la dispense de précompteEn vigueur
1er juillet 2026Revenu minimum mensuel moyen garanti de 2 233,61 € dès 18 ans (2 154,11 € au 1er janvier, 2 189,81 € au 1er avril)En vigueur
1er janvier 2027Facteur de correction de 97 % sur les dispenses de versement du précompte ; déclaration mensuelle à l'ONSS possibleVoté
1er janvier 2028Déclaration mensuelle à l'ONSS obligatoire ; numéro national sur toutes les fiches fiscales au plus tard à cette date ; deuxième période de modération de l'indexationVoté
Non fixéeSuppression progressive des éco-chèques et des chèques sport et cultureProjet : avis du Conseil national du travail n° 2.498 du 22 septembre 2026, aucun texte adopté

Les erreurs fréquentes

  • Payer les heures volontaires sans sursalaire à un taux horaire supérieur au salaire normal : la condition d'exonération fiscale n'est plus remplie.
  • Oublier d'imputer les heures de relance du premier trimestre 2026 sur les contingents de 360 et 240 heures.
  • Appliquer l'avantage fiscal des heures supplémentaires classiques au-delà de 180 heures, ou à des heures sans sursalaire légal.
  • Envoyer les fiches de paie par e-mail sans accord du travailleur ni archivage chez un prestataire qualifié.
  • Indexer normalement en juin 2026 un salaire de référence supérieur à 4 000 €, ou oublier la cotisation spéciale due à l'ONSS.
  • Accorder un titre-repas pour un jour de maladie, de vacances ou de repos compensatoire, ou avec une part patronale supérieure à 8,91 € : il devient de la rémunération.

Votre checklist

  • Classer chaque heure pointée : normale, supplémentaire à 50 % ou 100 %, volontaire avec ou sans sursalaire, de nuit, du dimanche ou d'un jour férié.
  • Tenir par année civile les compteurs de 360 et 240 heures volontaires, heures de relance comprises, et de 180 heures à avantage fiscal.
  • Transmettre les variables de chaque période au secrétariat social avant sa date de clôture.
  • Faire la Dimona d'entrée au plus tard au premier jour de travail, et celle de sortie au plus tard le premier jour ouvrable après la fin du contrat.
  • Vérifier avec le secrétariat social les régularisations des paies d'avril à juillet 2026 liées aux heures volontaires.
  • Recueillir l'accord du travailleur avant toute fiche de paie électronique et mentionner le prestataire d'archivage dans le règlement de travail.
  • Remettre la copie annuelle du compte individuel avant le 1er mars et conserver les comptes 5 ans.
  • Calculer les titres-repas sur les jours réellement prestés.

Comment Luxapps vous aide

FXP, pour les fiduciaires, et MySafeBox, pour les entreprises qui gèrent leur paie, transforment le temps pointé en variables de paie contrôlées. En Belgique, ils sont paramétrés selon les règles du pays et reliés par API à votre secrétariat social.

Classer les heures normales, supplémentaires et volontaires Pointage

Badgeage en temps réel sur le web et le mobile ; les heures supplémentaires et les écarts sont calculés, puis exportés vers la paie.

FXP et MySafeBox
Transmettre des variables justes avant la clôture du secrétariat social Variables de paie

L'employeur saisit la grille mensuelle (pointages, écarts, heures supplémentaires, primes, notes de frais, avantages en nature) ; la fiduciaire ou le service paie la contrôle, la valide et la clôture avant l'envoi, avec une traçabilité de bout en bout.

FXP et MySafeBox
Reporter chaque absence avec son motif Congés et absences

Les absences validées (congés, télétravail, maladie) alimentent les variables de paie du mois sans ressaisie.

FXP et MySafeBox
Informer le travailleur de ses prestations Portail salarié

Sur le web et le mobile, chaque salarié consulte ses soldes, ses pointages et ses documents.

FXP et MySafeBox

Voir la démo sur votre cas

Questions fréquentes

Au moins 50 % de la rémunération ordinaire pour le travail au-delà de 9 heures par jour ou 40 heures par semaine, et 100 % le dimanche et les jours fériés. Une convention collective peut remplacer le sursalaire par un repos compensatoire complémentaire. Dans les régimes autorisés, comme les horaires flottants, ces dépassements ne sont pas du travail supplémentaire.

Oui pour 240 heures par an (360 dans l'horeca) payées sans sursalaire depuis le 1er avril 2026 : elles ne sont pas de la rémunération pour la sécurité sociale et sont exonérées d'impôt si elles ne sont pas payées plus que des heures normales. Les heures de relance du premier trimestre 2026 réduisent ce contingent. Pour les 120 autres heures, payées avec sursalaire, faites valider le traitement par votre secrétariat social.

La Dimona d'entrée doit être faite au plus tard au moment où le travailleur commence effectivement à travailler, et celle de sortie au plus tard le premier jour ouvrable qui suit la fin du contrat. Une déclaration peut être annulée jusqu'à la fin du jour prévu. L'oubli expose à une sanction de niveau 4 et à une cotisation de solidarité d'au moins 3 674,09 € en 2026.

La DmfA et le paiement des cotisations sont dus au plus tard le dernier jour du mois qui suit le trimestre : le 31 octobre 2026 pour le troisième trimestre 2026 et le 31 janvier 2027 pour le quatrième. Des provisions mensuelles sont dues au plus tard le 5 de chaque mois si les cotisations du trimestre t-2 dépassaient 4 000 €.

Oui. Elle suppose un accord mutuel, qui peut être donné électroniquement et vaut au moins pour l'année civile en cours ; chaque partie peut ensuite revenir au papier. Les fiches doivent être archivées chez un prestataire d'archivage électronique qualifié, gratuitement pour le travailleur et pendant 5 ans après la fin du contrat.

5 ans. Le compte individuel est tenu par travailleur et par année ; une copie est remise dans les 2 mois de l'entrée en service, puis celle de l'année écoulée avant le 1er mars. Il montre, pour chaque période de paie, les jours prestés, les absences avec leur motif et les heures normales et majorées.

Sources officielles

Ce guide présente les règles générales en vigueur au 5 octobre 2026. Il ne remplace pas un conseil juridique adapté à votre situation (convention collective, secteur, statut du salarié).