L'essentiel

  • 20 jours de vacances au plus en régime de 5 jours par semaine (24 en régime de 6 jours), calculés sur les prestations de l'année précédente.
  • 92 % d'un mois de salaire brut : double pécule de l'employé, payé par l'employeur ; l'ouvrier reçoit de sa caisse de vacances 15,38 % de ses salaires portés à 108 %.
  • 24 mois après la fin de l'année de vacances pour prendre les jours non pris pour maladie, accident ou protection de la maternité ; une maladie pendant les vacances ne consomme pas de jours.
  • 10 jours fériés : en 2027, le 1er mai, le 15 août et le 25 décembre sont à remplacer en régime du lundi au vendredi, avec un avis affiché avant le 15 décembre 2026.
  • 20 jours de congé de naissance dans les 4 mois, dont 3 payés par l'employeur ; congé pour aidant proche porté à 6 mois à temps plein depuis le 1er juillet 2026.

Combien de jours de congé légaux en Belgique pour un temps plein ?

Un travailleur à temps plein a droit au plus à 4 semaines de vacances par an : 20 jours en régime de 5 jours par semaine, 24 jours en régime de 6 jours. Ce droit se calcule sur les jours de travail effectif et les jours assimilés de l'année civile précédente, appelée « exercice de vacances » : les vacances de 2026 dépendent des prestations de 2025.

Les jours fériés, les jours d'incapacité pour maladie ou accident et les jours de repos légaux ne s'imputent pas sur les vacances.

Qui fixe les dates ?

Les dates sont fixées par la commission paritaire (décision communiquée au ministre au plus tard le 31 décembre de l'année précédente), à défaut par le conseil d'entreprise, à défaut par accord avec la délégation syndicale ou avec les travailleurs, à défaut par accord individuel. L'employeur doit assurer au moins une semaine de vacances continue et, sauf demande contraire du travailleur, 2 semaines continues entre le 1er mai et le 31 octobre (3 semaines pour les moins de 18 ans) ; les demi-jours ne sont possibles que dans les cas prévus. Le règlement de travail mentionne la durée et les modalités des vacances, la date des vacances collectives, les formalités en cas de maladie pendant les vacances et la caisse de vacances de l'employeur.

Vacances supplémentaires, jeunes et seniors

  • Vacances supplémentaires, dites « européennes » : pour qui commence ou reprend une activité, ou augmente son temps de travail, après une période d'amorçage de 3 mois (90 jours calendrier) et une fois les jours ordinaires épuisés ; à prendre au plus tard le 31 décembre. Leur pécule est une avance sur celui de l'année suivante, et le travailleur n'est pas obligé de les prendre.
  • Vacances jeunes : moins de 25 ans au 31 décembre de l'exercice, études terminées pendant l'exercice et au moins 1 mois de contrat (13 jours de travail) ensuite ; complément jusqu'à 4 semaines après épuisement des jours ordinaires, avec une allocation de l'Office national de l'emploi (ONEM) de 65 % du salaire plafonné.
  • Vacances seniors : 50 ans au moins au 31 décembre de l'exercice, après une période de chômage complet ou d'invalidité pendant l'exercice.

Pour ces deux derniers régimes, l'employeur remplit le formulaire C103.

Comment calculer le pécule de vacances d'un employé et d'un ouvrier ?

Le payeur dépend du statut : l'employeur paie le pécule de ses employés, alors que l'Office national des vacances annuelles (ONVA) ou une caisse spéciale de vacances paie celui des ouvriers.

Pécule de vacances des employés et des ouvriers
ÉlémentEmployéOuvrier
Qui paieL'employeurL'ONVA ou une caisse spéciale de vacances, selon le secteur
Simple péculeRémunération normale de chaque jour de vacances8 % des salaires bruts de l'exercice portés à 108 %
Double pécule92 % de la rémunération brute du mois des vacances, à raison de 1/12 par mois presté ou assimilé7,38 % des salaires bruts de l'exercice portés à 108 %
PaiementSimple pécule avec le salaire ; pécule de sortie à la fin du contratEntre le premier jour ouvrable de mai et le dernier jour ouvrable de juin
Charge de l'employeurLe pécule lui-mêmeCotisation de 15,84 % des salaires portés à 108 % (5,57 % chaque trimestre et 10,27 % par avis de débit annuel)

Exemples, pour une année complète de prestations en 2025 : un employé payé 4 000 € brut par mois reçoit en 2026 un double pécule de 4 000 × 92 % = 3 680 € brut ; un ouvrier qui a gagné 36 000 € brut en 2025 reçoit de sa caisse un pécule brut de 36 000 × 108 % × 15,38 % = 5 979,74 €, avant la retenue de 13,07 % sur une partie du double pécule et la retenue de solidarité de 1 %.

À la fin du contrat d'un employé, l'employeur paie le pécule restant de l'année et le pécule anticipé de l'année suivante : c'est le « pécule de sortie ».

Bon à savoir : ne versez pas le double pécule d'un ouvrier par la paie. Sa caisse de vacances le paie ; votre rôle est de déclarer correctement ses salaires et ses jours assimilés dans la déclaration trimestrielle à l'Office national de sécurité sociale (ONSS) et de payer les cotisations.

Jours de congé non pris pour maladie : le report de 24 mois

En principe, les vacances s'accordent dans les 12 mois qui suivent l'exercice de vacances et ne se reportent pas. Exception : les jours qui n'ont pu être pris pour maladie, accident, protection de la maternité ou certaines autres suspensions doivent être pris dans les 24 mois qui suivent la fin de l'année de vacances. Pour un employé, l'employeur paie le pécule de ces jours au plus tard le 31 décembre de l'année de vacances.

Exemple : un employé malade de septembre à décembre 2026 n'a pas pu prendre 8 jours de ses vacances 2026. Il pourra les prendre jusqu'au 31 décembre 2028, mais son pécule pour ces 8 jours lui est payé au plus tard le 31 décembre 2026.

Maladie pendant les vacances

Depuis le 1er janvier 2024, un travailleur malade pendant ses vacances garde ses jours de vacances. Il prévient immédiatement l'employeur, donne son adresse s'il n'est pas chez lui et remet dans tous les cas un certificat médical, même pour les jours où il en serait dispensé ; il reçoit le salaire garanti pour les jours de maladie. S'il veut prendre les jours récupérés juste après, il le demande au plus tard en remettant le certificat. Le règlement de travail décrit ces formalités ; voir aussi notre page Maladie en Belgique.

Jours fériés 2027 en Belgique : quels jours de remplacement fixer ?

La Belgique compte 10 jours fériés payés. En 2027, pour les travailleurs en régime du lundi au vendredi, le 1er mai et le 25 décembre tombent un samedi et le 15 août un dimanche : ces trois jours doivent être remplacés, et l'avis doit être affiché avant le 15 décembre 2026.

Les 10 jours fériés légaux sont le 1er janvier, le lundi de Pâques, le 1er mai, l'Ascension, le lundi de Pentecôte, le 21 juillet, le 15 août, le 1er novembre, le 11 novembre et le 25 décembre.

Jours fériés à remplacer en régime du lundi au vendredi
AnnéeJours fériés tombant un samedi ou un dimancheAffichage de l'avis
202615 août (samedi), 1er novembre (dimanche)Avant le 15 décembre 2025
20271er mai (samedi), 15 août (dimanche), 25 décembre (samedi)Avant le 15 décembre 2026

Le jour de remplacement est un jour habituel d'activité, fixé par la commission paritaire, à défaut par le conseil d'entreprise, la délégation syndicale, les travailleurs ou un accord individuel. Faute de décision, le jour férié est remplacé d'office par le premier jour habituel d'activité qui suit. Un samedi férié se remplace pour les travailleurs en régime du lundi au vendredi, même si d'autres salariés travaillent le samedi.

Jour férié travaillé ou pendant une absence

Là où le travail du dimanche est permis, le travailleur occupé un jour férié a droit à un repos compensatoire dans les 6 semaines (une journée entière au-delà de 4 heures de travail) ; la loi ne prévoit pas de prime, sauf convention collective de travail (CCT), mais un sursalaire de 100 % est dû s'il s'agit d'heures supplémentaires. Un jour férié qui tombe pendant une suspension du contrat reste payé s'il se situe dans les 30 jours du début d'une maladie, d'un accident ou d'un repos d'accouchement, dans les 14 jours pour les autres suspensions, et toujours pendant les vacances annuelles. Il n'est pas payé en cas d'absence injustifiée la veille ou le lendemain.

Petit chômage, congé de naissance, aidant proche : quels congés spéciaux ?

Les petits chômages sont des absences payées pour certains événements familiaux ou civiques, par exemple 2 jours pour le mariage du travailleur et 10 jours pour le décès du conjoint ou d'un enfant. Le travailleur prévient l'employeur à l'avance ou dès que possible.

Principaux petits chômages
ÉvénementDurée de l'absence payée
Mariage du travailleur2 jours
Décès du conjoint, du partenaire cohabitant ou d'un enfant10 jours : 3 entre le décès et les funérailles, 7 dans l'année
Décès d'un parent ou d'un beau-parent3 jours
Décès d'un frère, d'une sœur ou d'un grand-parent, notamment2 jours s'il habitait avec le travailleur, sinon le jour des funérailles
Participation à un jury ou convocation comme témoinJusqu'à 5 jours

Raisons impérieuses. Au plus 10 jours par année civile, non payés sauf accord ou CCT ; le congé d'aidant, de 5 jours par an au plus pour soigner un proche gravement malade, s'impute sur ces 10 jours.

Congé de naissance. Le père ou le coparent a droit à 20 jours pour les naissances depuis le 1er janvier 2023, à prendre dans les 4 mois qui suivent l'accouchement, éventuellement fractionnés. L'employeur paie les 3 premiers jours, puis la mutualité verse 82 % du salaire brut perdu. Le travailleur prévient l'employeur à l'avance ; il est protégé contre le licenciement de cet avertissement jusqu'à 5 mois après la naissance, sous peine d'une indemnité de 6 mois de salaire.

Congé de maternité. La travailleuse ne peut pas travailler pendant les 7 jours qui précèdent la date présumée de l'accouchement ni pendant les 9 semaines qui le suivent ; le congé prénatal peut commencer 6 semaines avant (8 en cas de naissance multiple).

Congé parental. Par enfant de moins de 12 ans (21 ans en cas de handicap) : 4 mois à temps plein, 8 mois à mi-temps, 20 mois à 1/5, ou 40 mois à 1/10 avec l'accord de l'employeur. Il faut 12 mois d'ancienneté sur les 15 derniers mois et un avertissement écrit 2 à 3 mois à l'avance ; l'employeur peut le reporter de 6 mois au plus, par écrit motivé dans le mois. L'ONEM verse une allocation.

Aidant proche et crédit-temps. Pour les demandes introduites depuis le 1er juillet 2026, le congé pour aidant proche reconnu passe à 6 mois de suspension complète, 12 mois à mi-temps ou 30 mois à 1/5 par personne aidée, avec un plafond de carrière inchangé équivalant à 6 mois à temps plein. Le crédit-temps avec motif de soins peut atteindre 51 mois sur la carrière (36 mois pour une formation), avec 24 mois d'ancienneté et un préavis de 3 mois (plus de 20 travailleurs) ou de 6 mois (20 ou moins) ; il n'est pas un droit dans les entreprises de 10 travailleurs ou moins.

Les erreurs fréquentes

  • Imputer en vacances des jours de maladie survenus pendant les vacances, ou refuser au travailleur de les reprendre.
  • Considérer comme perdus au 31 décembre des jours non pris pour maladie : ils restent dus pendant 24 mois.
  • Oublier qu'un jour férié tombant un samedi doit être remplacé pour les travailleurs en régime du lundi au vendredi, même si d'autres travaillent le samedi.
  • Payer le double pécule des ouvriers par la paie : il est versé par la caisse de vacances, l'employeur ne paie que les cotisations.
  • Confondre congé de naissance (3 jours payés par l'employeur), congé parental (allocation de l'ONEM) et vacances : codes d'absence et payeurs différents.
  • Appliquer les anciennes durées du congé pour aidant proche aux demandes introduites depuis le 1er juillet 2026.

Votre checklist

  • Fixer et afficher avant le 15 décembre 2026 les jours de remplacement des 1er mai, 15 août et 25 décembre 2027, à défaut de décision de la commission paritaire.
  • Fixer les vacances collectives de l'année suivante selon la procédure (commission paritaire, conseil d'entreprise, délégation, accord) et les inscrire au règlement de travail.
  • Calculer chaque année le droit aux jours à partir des prestations et des jours assimilés de l'exercice de vacances.
  • Payer le simple et le double pécule des employés, et déclarer correctement à l'ONSS les salaires et jours assimilés des ouvriers.
  • Suivre des soldes séparés : vacances légales, jours reportés avec leur échéance à 24 mois, vacances supplémentaires, jours de remplacement, repos compensatoires à prendre dans les 6 semaines.
  • Recréditer les jours de vacances couverts par un certificat de maladie.
  • Répondre dans le mois aux demandes de congé parental, par écrit motivé en cas de report, et respecter les protections contre le licenciement.
  • Délivrer le formulaire C103 pour les vacances jeunes ou seniors.

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Questions fréquentes

20 jours par an en régime de 5 jours par semaine, ou 24 en régime de 6 jours, pour une année complète de prestations l'année précédente. Le droit se calcule sur les jours de travail effectif et les jours assimilés de cette année, appelée exercice de vacances. Un travailleur qui débute peut compléter avec des vacances supplémentaires ou, s'il sort des études, avec des vacances jeunes.

Le double pécule vaut 92 % de la rémunération brute du mois des vacances, à raison d'un douzième par mois presté ou assimilé l'année précédente. Pour une année complète et un salaire de 4 000 € brut, il atteint 3 680 € brut. L'employeur le paie lui-même, en plus du salaire normal des jours de vacances, qui forme le simple pécule.

Entre le premier jour ouvrable de mai et le dernier jour ouvrable de juin, par l'Office national des vacances annuelles (ONVA) ou par une caisse spéciale de vacances selon le secteur. Le pécule brut vaut 15,38 % des salaires de l'année précédente portés à 108 %. L'employeur ne le verse pas lui-même : il le finance par une cotisation de 15,84 % des salaires portés à 108 %.

En régime du lundi au vendredi, le 1er mai et le 25 décembre 2027 tombent un samedi et le 15 août 2027 un dimanche : ces trois jours doivent être remplacés par un jour habituel d'activité. Le remplacement est fixé par la commission paritaire ou, à défaut, dans l'entreprise, et l'avis doit être affiché avant le 15 décembre 2026. Sans décision, c'est le premier jour habituel d'activité qui suit.

Non. Les jours de vacances qui n'ont pas pu être pris pour maladie, accident ou protection de la maternité doivent être pris dans les 24 mois qui suivent la fin de l'année de vacances. Pour un employé, le pécule de ces jours est payé au plus tard le 31 décembre de l'année de vacances.

20 jours pour les naissances depuis le 1er janvier 2023, à prendre dans les 4 mois qui suivent l'accouchement. L'employeur paie les 3 premiers jours, puis la mutualité verse une allocation de 82 % du salaire brut perdu. Le travailleur est protégé contre le licenciement depuis son avertissement jusqu'à 5 mois après la naissance.

Sources officielles

Ce guide présente les règles générales en vigueur au 5 octobre 2026. Il ne remplace pas un conseil juridique adapté à votre situation (convention collective, secteur, statut du salarié).