L'essentiel
- 26 jours ouvrables de congé payé par an au minimum, quel que soit l'âge (art. L.233-4) ; temps partiel : 26 × (heures hebdomadaires ÷ 5) heures.
- Première année et départ : un douzième du congé par mois entier, soit 2,167 jours ; congé pris après 3 mois de travail ininterrompu.
- Report : jusqu'au 31 mars si l'employeur a refusé le congé pour les besoins du service ; sans incitation de sa part, les jours non pris ne sont pas perdus.
- 11 jours fériés légaux ; en 2026, les 9 mai, 15 août, 1er novembre et 26 décembre tombent un week-end : 4 jours de compensation.
- Naissance : 10 jours (80 heures) pour le père ou le second parent, dans les 2 mois ; l'État rembourse l'employeur à partir de la 17e heure.
- Congé non pris : jamais payé en cours de contrat, seulement à la fin de la relation de travail (art. L.233-18).
Combien de jours de congés payés au Luxembourg ?
Au moins 26 jours ouvrables par année civile, quel que soit l'âge du salarié (art. L.233-4 du Code du travail, depuis le 1er janvier 2019). Les jours ouvrables sont tous les jours civils sauf les dimanches et les jours fériés légaux, et une semaine de congé compte pour 5 jours (art. L.233-5). Pour un temps partiel, l'Inspection du travail et des mines (ITM) proratise le congé en heures : 26 × (heures hebdomadaires ÷ 5).
| Situation | Droit | Référence |
|---|---|---|
| Temps plein | 26 jours ouvrables | art. L.233-4 |
| Temps partiel, 20 h par semaine | 104 heures | ITM |
| Temps partiel, 32 h par semaine | 166,4 heures | ITM |
| Salarié handicapé reconnu, invalide de guerre, accidenté du travail | 6 jours ouvrables de plus, indemnité à charge de l'État | art. L.233-4 |
| Ouvrier des mines et minières | 3 jours ouvrables de plus | art. L.233-4 |
| Salarié privé du repos hebdomadaire de 44 h, sur constat de l'ITM | 6 jours ouvrables de plus | art. L.231-11 |
| Plan d'organisation du travail (POT) hors convention collective | 1,5, 3 ou 3,5 jours selon la période de référence | art. L.211-6 |
| Hôtellerie et restauration (Horeca), agriculture ou viticulture, au moins 20 dimanches travaillés dans l'année | 2 jours de plus, à la place de la majoration de 70 % du dimanche | art. L.231-7 |
L'indemnité de congé est égale au salaire journalier moyen des 3 mois qui précèdent le congé (12 mois si le salaire varie fortement), heures supplémentaires habituelles comprises selon l'ITM (art. L.233-14). Le salarié qui travaille pendant son congé perd cette indemnité (art. L.233-15).
Comment calculer le congé la première année et au départ ?
La première année et l'année du départ, le salarié acquiert un douzième de son congé annuel par mois de travail entier, soit 2,167 jours (art. L.233-7 et L.233-12). Une fraction de mois de plus de 15 jours civils compte pour un mois entier, et une fraction de jour de congé supérieure à une demi-journée compte pour un jour.
Exemple : un salarié à temps plein embauché le 10 mars 2026 compte 10 mois en 2026, la fraction de mars (22 jours) valant un mois entier. Son congé 2026 est de 10 × 26 ÷ 12 = 21,67 jours, arrondis à 22 jours.
- Délai d'attente : le congé peut être pris après 3 mois de travail ininterrompu chez le même employeur (art. L.233-6). Un contrat à durée déterminée de 3 mois au plus permet de prendre le congé proportionnel dès le premier jour.
- Absences injustifiées : le congé peut être refusé tant qu'elles dépassent 10 % du temps de travail écoulé ; la maladie, les absences autorisées, la force majeure, les fériés et la grève légale n'en sont pas.
- Départ : le congé non pris est payé au départ, y compris quand le contrat cesse de plein droit après une très longue maladie. En cours de contrat, le salarié ne peut pas renoncer à son congé, même contre une indemnité (art. L.233-18).
Qui fixe les dates et jusqu'à quand reporter les congés ?
Le congé est fixé selon le désir du salarié, sauf si les besoins du service ou les désirs justifiés des autres salariés s'y opposent. À la demande du salarié, les dates sont fixées au moins un mois à l'avance ; en cas de fractionnement, une fraction compte au moins 2 semaines civiles (art. L.233-8 et L.233-10). Le silence de l'employeur ne vaut pas accord : le salarié qui part sans accord risque une absence injustifiée (ITM). Un congé collectif se fixe d'un commun accord avec la délégation du personnel, à défaut avec les salariés, et se notifie au plus tard pendant le premier trimestre.
| Cas | Report possible |
|---|---|
| Congé refusé pour les besoins du service | exceptionnellement jusqu'au 31 mars de l'année suivante (art. L.233-10) |
| Congé proportionnel de la première année | à la demande du salarié, jusqu'au 31 décembre de l'année suivante selon l'ITM |
| Congé non pris au début d'un congé de maternité ou parental | reporté dans les délais légaux (art. L.332-3 et L.234-47) |
| Congé empêché par la maladie | reportable selon la jurisprudence européenne ; aucun texte luxembourgeois ne fixe de durée maximale, et la Cour de justice de l'Union européenne a admis une limite de 15 mois |
Les jours non pris ne sont perdus que si l'employeur prouve qu'il a mis le salarié en mesure de les prendre : l'inciter, au besoin formellement, et l'informer à temps que les jours seront perdus à la fin de la période (ITM, arrêts C-684/16 et C-214/16 de la Cour de justice). À l'inverse, une fiche de salaire qui affiche un solde reporté vaut accord au report, selon la jurisprudence citée par l'ITM.
Si le salarié tombe malade pendant son congé, les jours couverts par un certificat médical ne comptent pas comme congé : il remet le certificat dans les 3 jours ouvrables s'il est au Luxembourg, ou prévient l'employeur au plus vite s'il est à l'étranger, et les nouvelles dates se fixent d'un commun accord (art. L.233-11). Voyez aussi la page Maladie.
Jours fériés 2026 au Luxembourg : liste et jours de compensation
Le Luxembourg compte 11 jours fériés légaux (art. L.232-2). En 2026, 4 d'entre eux tombent un samedi ou un dimanche : un salarié qui travaille du lundi au vendredi a droit à 4 jours de compensation.
| Jour férié | Date | Compensation pour une semaine du lundi au vendredi |
|---|---|---|
| Nouvel An | jeudi 1er janvier | non |
| Lundi de Pâques | lundi 6 avril | non |
| 1er mai | vendredi 1er mai | non |
| Journée de l'Europe | samedi 9 mai | oui |
| Ascension | jeudi 14 mai | non |
| Lundi de Pentecôte | lundi 25 mai | non |
| Fête nationale (anniversaire du Grand-Duc) | mardi 23 juin | non |
| Assomption | samedi 15 août | oui |
| Toussaint | dimanche 1er novembre | oui, obligatoirement en temps libre |
| Noël | vendredi 25 décembre | non |
| 26 décembre | samedi 26 décembre | oui |
- Férié un dimanche, ou deux fériés le même jour : jour de congé compensatoire dans les 3 mois, obligatoirement en temps libre, sans compensation en argent (art. L.232-3).
- Férié un jour normalement non travaillé, comme le samedi ou le jour libre d'un temps partiel : jour de compensation dans les 3 mois qui suivent ; si l'activité ne le permet pas, avant la fin de l'année, et pour les fériés de novembre et de décembre, dans les 3 premiers mois de l'année suivante. Il n'est payé que si les nécessités du service empêchent de l'accorder (art. L.232-6).
- Temps partiel : 88 heures fériées par an pour 40 heures par semaine, à proratiser, soit 44 heures pour 20 heures par semaine (ITM).
- Maladie : un férié qui tombe pendant la maladie sur un jour normalement travaillé ne donne pas de jour en plus ; sur un jour non travaillé, il donne un jour de congé à accorder dans les 3 mois (ITM).
Comme pour les congés, l'employeur doit veiller à ce que le jour de compensation soit pris à temps, sans quoi il n'est pas perdu (ITM). Prévoyez 5 jours de compensation en 2027. Le paiement des heures travaillées un jour férié est détaillé dans la page De la pointeuse à la paie.
Naissance, enfant malade, décès, mariage : quels congés spéciaux ?
Les congés extraordinaires sont payés par l'employeur, sans délai d'attente, et se prennent au moment de l'événement, sauf ceux de naissance et d'accueil en vue d'adoption (art. L.233-16). L'État rembourse certains d'entre eux.
| Événement | Durée | À savoir |
|---|---|---|
| Naissance, pour le père ou le second parent | 10 jours (80 heures) | dans les 2 mois ; préavis écrit de 2 mois ; l'État rembourse à partir de la 17e heure, sur demande dans les 5 mois |
| Accueil d'un enfant de moins de 16 ans en vue d'adoption | 10 jours | sauf congé d'accueil |
| Mariage ; déclaration de partenariat | 3 jours ; 1 jour | mariage d'un enfant : 1 jour par parent |
| Décès | 5 jours (enfant mineur) ; 3 jours (conjoint, partenaire ou parent au 1er degré) ; 1 jour (parent au 2e degré) | parents du salarié, de son conjoint ou de son partenaire |
| Déménagement | 2 jours par période de 3 ans | chez le même employeur, sauf déménagement professionnel |
| Force majeure (maladie ou accident d'un proche) | 1 jour (8 heures) par 12 mois | l'État rembourse 50 %, sur demande dans les 6 mois |
| Congé d'aidant | 5 jours (40 heures) par 12 mois | certificat médical au plus tard le 3e jour ; l'État rembourse 50 % |
| Raisons familiales (enfant malade de moins de 18 ans) | 12 jours (moins de 4 ans) ; 18 jours (4 à moins de 13 ans) ; 5 jours (13 à 18 ans, hospitalisation) | contingent par tranche d'âge ; remboursé à 100 % par la Mutualité des employeurs |
| Maternité | 8 semaines avant et 12 semaines après l'accouchement | indemnité de la Caisse nationale de santé (CNS) |
| Congé parental | 4 ou 6 mois à temps plein, par parent et par enfant | indemnité de la Caisse pour l'avenir des enfants (CAE) |
Un jour de congé extraordinaire qui tombe un dimanche, un férié ou un jour chômé se reporte au premier jour ouvrable suivant ; il interrompt un congé ordinaire en cours, mais n'est pas dû si l'événement survient pendant une maladie. Le congé pour raisons familiales est assimilé à une incapacité de travail : le salarié est protégé contre le licenciement, sauf pour motif grave, et l'employeur le déclare au Centre commun de la sécurité sociale (CCSS) comme incapacité de type « raisons familiales ». L'indemnité de congé parental à temps plein va de 2 771,33 € à 4 618,88 € bruts par mois depuis le 1er juin 2026 (de 2 703,74 € à 4 506,23 € au 1er janvier 2026).
Livre des congés : quelles preuves garder ?
L'employeur tient un livre des congés, registre ou fichier, qu'il présente à l'ITM (art. L.233-17). En cas de litige, c'est à lui de prouver, par ce livre, le congé accordé. Guichet.lu conseille d'y inscrire, pour chaque congé, le nom du salarié, les dates et la durée, la date de validation et le responsable, le type de congé et le justificatif, congés extraordinaires compris. Gardez aussi la trace de vos rappels écrits sur les soldes : sans elle, les jours non pris s'accumulent jusqu'au départ.
| Manquement | Sanction |
|---|---|
| Congé annuel, livre des congés compris | amende de 251 à 5 000 € et emprisonnement de 8 jours à 1 mois, ou l'une des deux peines (art. L.233-20) |
| Jours fériés | emprisonnement de 8 jours à 3 mois et amende de 251 à 50 000 €, ou l'une des deux peines (art. L.232-13) |
| Licenciement lié à une demande de congé extraordinaire, pendant la grossesse ou pendant le congé parental | nullité (art. L.233-16, L.337-1 et L.234-47) |
Un salarié peut réclamer des indemnités de congé ou de jours fériés impayées pendant 3 ans (art. L.221-2).
Les erreurs fréquentes
- Afficher un solde reporté sur la fiche de paie sans réserve : la jurisprudence y voit un accord au report.
- Considérer les congés comme perdus au 31 décembre ou au 31 mars sans avoir informé et incité le salarié par écrit.
- Payer des congés en cours de contrat ou laisser un salarié « vendre » ses jours : c'est interdit hors fin de contrat.
- Oublier les fériés du week-end (4 en 2026, 5 en 2027), ou payer celui d'un dimanche au lieu de l'accorder en temps libre.
- Mal appliquer les congés extraordinaires : en accorder un pendant une maladie, ne pas interrompre le congé ordinaire, ou ne pas reporter un jour qui tombe un dimanche ou un jour chômé.
- Raisonner en jours pour un temps partiel : le congé annuel et les fériés se proratisent en heures.
Votre checklist
- Tenir à jour le livre des congés : congés ordinaires, supplémentaires, extraordinaires et jours de compensation des fériés.
- Répondre par écrit à chaque demande et fixer les dates au moins un mois à l'avance quand le salarié le demande.
- Fixer le congé collectif avec la délégation et l'annoncer pendant le premier trimestre.
- Informer chaque salarié par écrit, et à temps, de son solde et de la date à laquelle les jours non pris seront perdus, puis garder la preuve.
- Accorder les 4 jours de compensation des fériés 2026, dont celui du 26 décembre au plus tard au premier trimestre 2027 si le service l'impose.
- Recréditer les jours de congé couverts par un certificat médical et convenir de nouvelles dates.
- Demander le remboursement à l'État par voie électronique : dans les 5 mois pour le congé de naissance, dans les 6 mois pour la force majeure et le congé d'aidant.
- Payer au départ les jours non pris, calculés à raison d'un douzième par mois entier pour l'année en cours.
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FXPQuestions fréquentes
Au moins 26 jours ouvrables par année civile, quel que soit l'âge du salarié (art. L.233-4 du Code du travail). Les salariés handicapés reconnus, les invalides de guerre et les accidentés du travail ont 6 jours de plus. Pour un temps partiel, le droit se calcule en heures : 26 × (heures hebdomadaires ÷ 5), soit 104 heures pour 20 heures par semaine.
Pas automatiquement. Le report jusqu'au 31 mars vise le congé refusé pour les besoins du service, et la maladie, la maternité et le congé parental justifient aussi un report. Selon l'ITM et la Cour de justice de l'Union européenne, les jours ne sont perdus que si l'employeur prouve qu'il a incité le salarié à les prendre et l'a informé à temps de leur perte.
Le salarié a droit à un jour de congé compensatoire. Pour un férié tombant un dimanche, ce jour s'accorde dans les 3 mois, obligatoirement en temps libre (art. L.232-3). Pour un férié tombant un jour non travaillé comme le samedi, il s'accorde dans les 3 mois qui suivent ou, si l'activité ne le permet pas, avant la fin de l'année, et il n'est payé que si le service empêche de l'accorder (art. L.232-6). En 2026, cela concerne les 9 mai, 15 août, 1er novembre et 26 décembre.
Le père ou le second parent a droit à 10 jours, soit 80 heures pour un temps plein, à prendre dans les 2 mois qui suivent la naissance, en une ou plusieurs fois selon son souhait, sauf si les besoins de l'entreprise s'y opposent. Il prévient l'employeur par écrit 2 mois à l'avance, avec le certificat indiquant la date présumée de l'accouchement ; à défaut d'accord, le congé se prend en une fois juste après la naissance. L'État rembourse l'employeur à partir de la 17e heure, sur demande électronique dans les 5 mois.
Le congé pour raisons familiales est de 12 jours par enfant de moins de 4 ans, de 18 jours de 4 à moins de 13 ans, et de 5 jours de 13 à 18 ans en cas d'hospitalisation. C'est un contingent par tranche d'âge, pas un droit annuel, et les deux parents ne peuvent pas le prendre en même temps. Assimilé à une incapacité de travail, il est remboursé à 100 % par la Mutualité des employeurs.
Oui : les jours couverts par un certificat médical ne comptent pas comme congé (art. L.233-11 du Code du travail). Le salarié remet le certificat dans les 3 jours ouvrables s'il est au Luxembourg, ou informe l'employeur aussi vite que possible s'il est à l'étranger. Les nouvelles dates se fixent d'un commun accord.
Sources officielles
- Code du travail, version consolidée au 26 juillet 2026, art. L.232-1 et suivants, L.233-1 et suivants (Legilux)
- ITM, FAQ D8a1 : durée du congé
- ITM, FAQ D8a4 : congé et temps partiel
- ITM, FAQ D8a25 : devoir de l'employeur de veiller à la prise des congés
- ITM, FAQ D8b6 : durée du report pour maladie
- ITM, FAQ D8b7 : report tacite
- ITM, FAQ D9a11 : jours fériés et temps partiel
- Guichet.lu, congés extraordinaires
- Guichet.lu, livre des congés
- Inspection générale de la sécurité sociale (IGSS), paramètres sociaux au 1er juin 2026
Ce guide présente les règles générales en vigueur au 5 octobre 2026. Il ne remplace pas un conseil juridique adapté à votre situation (convention collective, secteur, statut du salarié).